29.11.2007
Le G.A.R.D chapitre1/8
Le G.A.R.D.
« La vérité n’existe pas »
©droits réservés-2007
Chapitre 1 partie 8 – 29 novembre 2007
Le G.A.R.D.
Je bredouille
-«Je… Je n’essaye pas de vous entourlouper… »
Je suis ridicule.
-« Moi non plus. Très joli, ce terme « entourlouper ». Un peu « vintage » comme on dit maintenant. On croirait Jean Richard dans Maigret façon années 70. Ce sont les locaux qui vous inspirent ?
Bon sérieusement. J’ai douze dossiers en tout. Ceux qui sont sur votre liste. Ne me demandez pas s’il y en a d’autres. Je ne vous le dirais pas. Quatre sont avec moi. Il n'y en aura jamais plus dans ce bureau. Manière d’éventuellement limiter les risques. Layla effectuera l'échange à chaque fois. Nous sommes les seuls à savoir où ils se trouvent.»
Je suis en plein film. Dans un bureau de la brigade criminelle un peu sombre. En face d’un véritable fou furieux accompagné d'une égérie muette. Qu’est ce que je fous là ? Qu’est ce que c’est que cette embrouille ?
-« Voilà ce que je vous propose Monsieur .Je vous explique de quoi il s’agit. Cas par cas. Je vous épluche chacune de ces affaires « classées ». Vous ferez votre compte rendu après au Ministre. Et ensuite, ce n’est plus mon problème. Ecoutez bien. Vous avez sans doute fait une grande école ? Oui ? Alors servez vous de votre mémoire et de votre capacité de synthèse. Je vais vous emmener faire un petit voyage dans des histoires un peu dingues de flics. Ou de flics un peu dingues parfois aussi. Certains bons. D’autres mauvais. Et certains qui n’ont rien demandé. La seule chose que vous devez retenir comme moralité à tout cela c’est que tout ce que vous allez apprendre n’a jamais existé. Et je vous garde une surprise pour la fin. Je crois que cette histoire va vous amener bien plus loin que ce que vous ne pouvez encore l'imaginer..."
Je n'ai pas le temps de répondre, étourdi que tout cela aille si vite.
Le commandant Auguste vient de prendre sa sacoche sur les genoux. De l’ouvrir et de sortir cinq enveloppes cartonnées. Il ouvre la première. Celle marquée "RDV en enfer" dessus en grosses lettres au feutre indélébile. Elles sont toutes de la même couleur. Verte. Avec des inscriptions en noir. Dans celle qu’il vient posément de vider devant
moi il y a un DVD. Point. Il sort alors un pc portable de sa sacoche et l’installe sur le bureau.
Layla sort de son mutisme. Sans un mot elle pioche dans la sacoche, en sort un câble et s'affaire à le brancher sur le portable du commandant.
"Layla possède, entre autres qualités, celle d'experte en informatique. Cela nous est parfois bien utile. Entre autre pour effacer toutes les traces des systèmes réseaux des commissariats comme vous avez pu vous en rendre compte. Et puis pour d'autres choses aussi...
Nous n’avons pas de procédures à rédiger, pas d’autre comptes rendus que de remettre une copie de ces dvd à notre hiérarchie. Layla a trouvé une méthode simple et parlante pour gérer nos dossiers. Une méthode interactive comme disent maintenant les spécialistes du multimédia. Comme la plupart des interrogatoires de police et les constatations sont filmées sur des vidéos réalisées par la police, elle fait un montage de ce qui nous intéresse.
Et puis plutôt que de passer du temps à faire des rapports relatant nos investigations, elle a trouvé le moyen de nous équiper tous les deux de caméras miniatures discrètes. J’étais sceptique au départ
mais je suis bluffé par le résultat. Vous aller voir, cela se présente un peu comme les séries télévisées criminelles que vous semblez adorer. En plus trash. Je ne suis pas sûr que cela serait diffusé sur les chaînes TV. Elle va connecter notre ordinateur à l'écran de celui qui se trouve sur le bureau, comme cela vous allez pouvoir suivre.
Et pour que vous ne vous perdiez pas, je vais vous faire la voix off avec mon ton d'hôtesse de l'air."
Je n'écoute pas. La jeune femme vient de se pencher devant moi pour établir la connexion. Elle sent un parfum fleuri mais discret. Sous son blouson de toile denim déteinte, elle porte une chemise grise dont les deux boutons défaits, dans cette position, permettent une vue plongeante sur la naissance d'une poitrine menue mais ferme blottie dans un soutien gorge blanc. Une observation furtive dont le plaisir est immédiatement contrarié par une autre constatation qui me surprend comme une gifle…
Sous chacune de ses aisselles pendent des crosses d'armes de poing qui me paraissent énormes...
Alors que je détourne la tête, je suis figé par le regard du Commandant Auguste. Neutre. Comme s'il scannait les moindre pensées au fond de mon cerveau en transperçant mes rétines. Les commissures de ses lèvres sont remontées un peu, creusant des fossettes dans les joues burinées.
Puis il m'a fait un clin d'oeil furtif, comme à un môme plein de trac que l'on rassure avant qu'il ne doive réciter une poésie à la fête de l'école en fin d'année.
"Bienvenue, Monsieur, du côté obscur de la Force....Publique..."

Pour la première fois depuis une bonne heure, Layla, revenue à sa place derrière son supérieur, m'a semblé, elle aussi, amorcer un sourire.
22:20 Publié dans Polar | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : Polar
28.11.2007
Le G.A.R.D chapitre1/7
Le G.A.R.D.
« La vérité n’existe pas »
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Chapitre 1 partie 7 – 28 novembre 2007
Le G.A.R.D.
.../... 
Une escadrille entière d’anges ivres morts a traversé le silence pesant tombé dans la pièce, certains se crashant élégamment avec un bruit feutré. C’est exactement l’impression de j’ai ressenti en écoutant cette étonnante confession. Celle d’entendre à peine les bruissements d’ailes désordonnés et de contempler les évolutions erratiques de chérubins aux yeux brillants.
-« Pardon Commandant, je n’ai pas dû bien comprendre ? Etouffer des affaires ? C'est-à-dire ? »
-« Exactement ce que je viens de vous annoncer. S’arranger pour que la vérité ne soit pas connue. Et même éventuellement la maquiller un peu. Pour éviter… »
-« Eviter quoi ? »
J’ai haussé le ton tellement cela me semble inconcevable. Dans le même temps je réalise que le précédent Directeur Général de la Police Nationale avait signé qu’il reconnaissait être responsable de toutes ces magouilles. Quelle victoire politique ! Quelle bombe ! Je tiens mon triomphe.
-« Eviter des scandales inconcevables avec l’image de la Police, surtout en période préélectorale. »
« Vous vous rendez compte de ce que vous venez d’avouer Commandant Auguste ? Que vous allez sans doute être entendu comme témoin à la barre d’un Tribunal. Que vous allez justement être à l’origine du plus gros scandale policier de ce siècle ! Comme
responsable des basses œuvres de la République organisées par votre Parti ! »
Je m’emballe. M’imagine déjà gérer les implications de cette affaire. Devenir moi aussi une pointure de la politique, le bras droit indispensable de MON ministre de l'Intérieur. Je jure qu’à ce moment précis je m’y vois. Je m’y crois.
« Je crains que cela ne soit pas si simple, Monsieur le Chargé de mission. »
Le commandant n’a pas bronché une seconde devant mon excitation. A peine a t’il tourné légèrement la tête vers la porte pour s’assurer qu’elle était bien capitonnée. Ou juste vérifier que Layla est toujours là. Elle n'a pas bougé d'un millimètre. Pas dit un mot. A peine si sa poitrine se soulève lentement.
-«D'abord je ne travaille pas pour un Parti mais pour l'Etat, la République Française. Ensuite, les affaires dont je me suis occupé ne peuvent plus sortir. Elles sont classées. Définitivement. Et puis, implicitement, VOTRE ministre en m’envoyant ce fax pour que je vous dévoile la vérité, en cautionnant cette démarche qui me couvre, laisse entendre qu’il est au courant, qu'il reprend la main après l'ancien Directeur… »
Merde. J’ai oublié ce putain de papier. Quel con ce ministre ! Je tente un bluff.
-« Je ne pense pas qu’il était alors au courant de la teneur réelle de vos dossiers. »
« Vous non plus pour le moment vous ne les connaissez pas. Mon boulot est toujours que ces affaires restent enterrées. Vous ne savez toujours pas ce qu’il y a dans cette mallette et moi j’ai mis au chaud le courrier de votre Ministre. Je ne veux pas vous la
faire au poker menteur, j'ai un coup d'avance sur vous, mais avant de vous emballer, attendez tout de même de savoir de quoi nous parlons. Si nous nous tirons immédiatement, Layla et moi, j'ai à la fois les dossiers et la preuve que le nouveau Ministre est plus ou moins au courant des missions du G.A.R.D. Je ne pense pas que la presse fasse vraiment la part des choses à ce sujet.»
Il a raison. Une fois de plus je me suis mis la tête dans le mur tout seul. Le con, pour le coup, c’est plutôt moi. En face de ce type au sourire narquois qui fume clope sur clope.
-« Bon, de quoi s’agit il ? Vous allez bien devoir finir par me le dire ? »
« Oui. Il s’agit d’affaires qui resteront confidentielles, croyez moi. Parce que vous non plus ne pouvez pas vous passer de l’appui de la Police. Des policiers pour être plus exact. C’est exactement de cela qu’il s’agit. D’affaires réglées. Définitivement. Par moi. Par nous pour être précis. Soit à posteriori, soit disons, à priori… »
Il affiche toujours une espèce de rictus. Celui d’un loup découvrant un agneau isolé dans la forêt. Avec dans l’expression d’une détermination sans faille. Ce mec me fiche la trouille.
-« Vous savez Monsieur le Chargé de Mission, je n’ai rien à perdre. Ni dans cette histoire ni dans le reste de la mienne d’ailleurs. Pour des raisons que vous n’avez pas à connaître. Il a été décidé que cette mission correspondait bien à mon profil. C’est d’ailleurs exactement pour cela que j’ai été choisi. Et Layla aussi. Et finalement, c’est sans doute ce que j’ai fait de mieux dans ma carrière. Pour tout le monde. Pour le gouvernement. Pour les citoyens. Pour les flics aussi. Parce qu’il y a assez de soucis comme cela avec ceux d’entre nous qui se font choper sur des vraies conneries pour ne pas en rajouter quand c’est possible de l’éviter. Pour bien vous expliquer il faut que vous compreniez une fois pour toute que la balance entre le bien et le mal n’est pas une science exacte. Et que la morale, parfois, nécessite quelques arrangements pour être sauve. C’est ce que pensait le précédent Directeur. C’est également ma conviction et mon devoir je crois, si j’accorde encore un peu de crédit à ce mot. Et je pense, comme vous me semblez intelligent, que cela sera aussi votre avis dans quelques heures. »
Quelques heures…Mon Dieu, je vais devoir encore passer tant de temps avec ce dingue ?
-« D’abord, Monsieur, je me permets de vous faire remarquer que jusqu’à preuve du contraire, je dois vous dire en quoi consiste ces dossiers, mais en aucun cas je n’ai instruction de vous les remettre. Je les ai emmené avec moi pour vous montrer que tout cela n’est pas bidon. Mais je vais repartir avec et je doute que vous puissiez m’en empêcher. Vous avec pu remarquer que je suis ici un peu chez moi. Dans la grande maison…celles des flics… »
Il a encore raison. Pour contrebalancer cela, il faudrait que je puisse téléphoner, faire donner des instructions.
Appeler le patron de la crim' ?
Me ruer dans le couloir ?
Et s’il n’avait rien avec lui ?
La voix sans appel de l’habitué à mener des interrogatoires coupe mes réflexions un peu vaines.
-« Je vois que vous réfléchissez à comment tenter de me baiser. C’est bien. Faut toujours essayer de trouver une solution. C’est exactement mon boulot.»
.../...
07:00 Publié dans Polar | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Polar, Police, Minisre de l'Intérieur
27.11.2007
Le G.A.R.D chapitre1/6
Le G.A.R.D.
« La vérité n’existe pas »
©droits réservés-2007
Chapitre 1 partie 6 – 27 novembre 2007
Le G.A.R.D.
.../...
Je me détends un peu.
Je suis fasciné par la présence de cet homme. Un mélange de décontraction et de tension extrême. Il s’exprime en détachant les mots, en les choisissant, avec un accent de titi parisien au timbre brûlé par la nicotine. J’ai une impression singulière, un peu mal à l’aise aussi. Il y a quelque chose dans ce personnage que je ne saisis pas. Une part non de mystère mais d’une violence contenue que je devine potentiellement terrible. J’ai le pressentiment que je vais plonger avec lui au plus profond d'un cauchemar.
-« Bien, vous pensez que la police, c’est un boulot simple. Certains commettent des délits, les policiers les arrêtent, font une
procédure et les mauvais partent en prison. Une partie "pour de la vraie" d'aux gendarmes et aux voleurs. C'est cela non ? »
-« Oui, j’imagine que c’est exactement ce genre de travail. »
-« Et bien ce n’est pas aussi schématique. La plupart du temps cela se passe comme cela. Nous allons même dire que c’est la norme. La routine en quelque sorte. Mais le bien et le mal peuvent parfois se mélanger et là nous sommes dans ce que les militaires appellent un « cas non-conforme », une situation qui ne devrait pas arriver. »
-« Cela j’arrive bien à le comprendre, c’est que l’on nomme une histoire de ripoux, des voyous avec des cartes tricolores, des policiers qui dérapent…mais… »
-« Si vous ne me laissez pas vous expliquer, nous allons y passer une semaine. Pour les affaires de ce genre il y a déjà des services d’enquêtes internes; l’Inspection Générale des Services à Paris et l’Inspection Générale de la Police Nationale pour le reste de la France. Les bœufs carottes si vous préférez. Comme à la télé, vous savez la série avec Rochefort et je ne sais plus quel autre acteur… »
-« Ne me prenez pas pour un imbécile, je connais tout de même le rôle de l’IGS. »
-« Je suis loin de vous prendre pour un idiot. Je tente de vous faire comprendre le rôle du G.A.R.D. Je peux continuer ? »
-« Je vous en prie. Je ne voulais pas non plus vous vexer. Ni vous mettre en colère.»
-« Vous n’y arriveriez pas de toutes les façons. Je ne vous parle donc pas de policiers qui mélangent les deux côtés du point de vue vénal ou en outrepassant leur fonction. Enfin pas tout à fait. Disons que parfois, à force de se représenter que l’on travaille du bon côté, c’est justement cet excès qui prend le dessus et que cela dérape. »
-« Je ne comprends pas. Vous voulez dire qu’il y a des policiers qui péchent en prenant leur travail trop à cœur, cela me semble difficile à croire. »
-« Disons que ce n’est pas leur métier qui les dépasse, c’est leur mission, l’incarnation du bon côté de la loi, ou plus exactement de l’idée qu’ils se font de la justice. Qui devient parfois leur justice. Ou leur manière de l’interpréter. »
-« D’accord. Une sorte de syndrome de Zorro. De justiciers ? »
-« En partie. Là où nous en sommes, disons que c’est un résumé qui pourrait vous permettre de mettre les doigts dans l’engrenage. Vous comprendrez que ce n’est pas toujours tout aussi simple. Aussi manichéen. D’ailleurs qu’y a t’il de manichéen
chez l’homme ? Le bien et le mal sont l’objet de questions philosophiques aussi vielles que notre espèce non ? C’est peut être même le fondement de toutes les religions. Et la question est loin d’être tranchée quand on voit le nombre de gens qui se foutent sur la gueule dans le monde entier pour savoir qui détient cette vérité. Et puis l’exercice de la police chaque jour, d’avoir à patauger dans la merde de la société, cela peut aussi rendre fou…Alors vous pouvez comprendre que pour un flic de base, parfois, le dilemme peut aussi exister. Et puis clairement, la connaissance de la justice au quotidien, qui possède un certain nombre de limites qui sont la base même de notre démocratie, peut amener à envisager d’autres solutions substitutives. »
-« Et le G.A.R.D. est une de ses solutions ? J’ai peur de comprendre. Vous êtes un vengeur ? »
Un rire franc a rempli la pièce. Un rire extraordinaire. Enorme. Qu’avais je dit de si drôle ?
-« Vous me faites marrer, Monsieur le technocrate. Vraiment. Vous n’écoutez que ce que vous voulez entendre. Vous vous croyez dans une série B américaine ? Vous me prenez pour Jack Bauer sauvant le monde ou pour Léon le tueur à gage ? »
C’était exactement ce à quoi je pensais. J’ai dû rougir.
-« Non, Monsieur Devrieux. Je ne suis pas un « nettoyeur » au service indirect de la Justice. Ce n’est pas du tout cela. Mais j’enquête sur des affaires qui pourraient ressembler à cela. »
-« Pour quoi faire ? Si vous aviez mené des procédures légales, j’aurais trouvé traces d’une habilitation judiciaire quelconque auprès du Parquet de Paris. Et retrouvé les archives des dossiers que vous avez traités, quelque part au Ministère de l’Intérieur. De votre activité, la seule chose que je possède, c’est cela, regardez : une feuille manuscrite avec une douzaine de noms de codes totalement fermés à toute exploitation. Excusez moi d’avoir l’air un peu naïf, mais ce que vous me dites est totalement absurde… »
Le commandant Auguste, d’une main a tiré une autre cigarette du paquet entr’ouvert sur la table et de l’autre s’est
frotté les deux yeux en soupirant.
Il s’est renversé en arrière et s’est allumé cette nouvelle blonde en aspirant la fumée tout au fond des poumons.
-« Mon boulot, Monsieur le Chargé de mission, n’est pas de venger qui que cela soit, ce n’est pas de tuer des gens, ce n’est pas non plus de faire tomber des collègues…Enfin pas exactement. »
-« C’est quoi alors ? Je ne comprends rien à votre charabia de polar de gare à deux balles… »
Je suis énervé parce que je suis toujours en plein potage. Il a dû saisir que j’allais exploser. Alors que je prends mon souffle pour une nouvelle tirade, pour exiger, faire preuve des pouvoirs dont je suis dépositaire, il s’est approché de moi.
Il a fait tomber ses cendres dans le récipient de verre, il a vrillé son regard clair et fatigué au plus profond de mes rétines, me disant dans une sorte de grognement sourd, comme un feulement, mais en articulant distinctement chaque mot :
-« Ma mission, Monsieur, c’est d’étouffer ces affaires...
Qu'elles disparaissent de la circulation...
Faire en sorte que personne n’en parle jamais... »
.../...
07:00 Publié dans Polar | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Polar










